La chef libérale Kathleen Wynne, première femme à diriger la province, a fait mentir les sondages qui prédisaient une lutte serrée entre son parti et les conservateurs de Tim Hudak. Un véritable raz-de-marée rouge a déferlé sur Toronto et ses banlieues, ce qui a permis aux libéraux non seulement de se faire ré-élire, mais aussi d’obtenir une majorité de sièges à l’Assemblée législative.

Les libéraux ont ravi des sièges aux conservateurs et au NPD dans la région. Le PC a ainsi perdu son unique siège à Toronto, soit celui d’Etobicoke-Lakeshore. Doug Holyday, l’ancien maire adjoint de la métropole et ex-bras droit de Rob Ford, l’avait remporté lors d’une partielle en 2013. Quant aux néo-démocrates, ils ont perdu la circonscription de Trinity-Spadina en plein coeur de Toronto. 

Contrairement aux appréhensions des observateurs, le taux de participation a été de 52,1 % selon les données préliminaires d’Élections Ontario, comparativement à 49,2 % en 2011. Le chef du PC Tim Hudak, qui avait fait campagne en promettant de créer un million d’emplois tout en abolissant 100 000 postes dans le secteur public, a été réélu député dans la région de Niagara, mais a annoncé qu’il quitterait la tête de son parti. Son discours, qui pour plusieurs projetait l’image d’un homme honnête avec les électeurs, a fait reculer une bonne partie de l’électorat qui y voyait plutôt un retour à l’austérité de l’ère Mike Harris. Pour Kathleen Wynne, il s’agit d’une victoire personnelle, elle qui avait hérité, en prenant les rênes des libéraux en 2013, d’un gouvernement minoritaire et de multiples scandales légués par son prédécesseur Dalton McGuinty. Tous ses ministres, sauf Teresa Piruzza à Windsor, ont été réélus.

Pour la communauté francophone de l’Ontario, le résultat de cette élection est plus rassurant. « Un gouvernement majoritaire est une bonne nouvelle dans le sens où il permet une meilleure planification des projets francophones comme l’élaboration des services en français », expliquait le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Denis Vaillancourt. Mais pour l’organisme, le focus est maintenant tourné vers l’avenir. « L’Assemblée a partagé avec chaque parti plusieurs préoccupations des Franco-Ontariens, notamment en termes de santé, d’éducation, d’économie ou encore d’immigration. Nous espérons que ces dossiers seront bien pris en compte par la nouvelle législature. »

Les députés ontariens seront de retour à l’Assemblée législative dès le 2 juillet, a indiqué au lendemain du scrutin la chef libérale Kathleen Wynne. 

Parmi les priorités du gouvernement libéral majoritaire : adopter un budget et créer un nouveau régime de retraite public pour bonifier celui d’Ottawa. Mme Wynne, qui a ardemment critiqué durant la campagne le plan d’austérité de son adversaire conservateur, devra aussi trouver une façon d’éliminer le déficit provincial de 12,5 milliards de dollars sans se mettre la population à dos. Kathleen Wynne a aussi promis de laisser le comité parlementaire qui enquête sur le scandale des centrales au gaz poursuivre ses travaux.