Les abolitionnistes du Haut-Canada étaient aussi impliqués dans une résistance plus secrète à l’esclavage en Amérique du Nord : le chemin de fer clandestin. Au milieu du XIXe siècle, le chemin de fer clandestin avait été développé par les abolitionnistes et les Quakers sympathisants afin de faciliter la fuite des esclaves noirs depuis le sud des États-Unis vers le Canada. Le chemin de fer clandestin n’était pas un chemin de fer et n’était pas souterrain, comme le laisse entendre son équivalent anglais « Underground Railroad ». Il s’agissait d’un réseau de voies d’évasion construit de manière peu structurée qui commençait dans le sud des États-Unis, poursuivait son chemin vers le Nord moins esclavagiste et s’étendait enfin jusqu’au Canada.

L’une de ses caractéristiques les plus fascinantes était son manque d’organisation formelle. Le système fonctionnait en grande partie grâce à la coopération et à la confiance entre plusieurs groupes religieux et ethniques qui déplaçaient les « chercheurs de liberté » vers le Canada à travers un réseau extrêmement secret.

Mais le voyage vers la liberté n’était pas un long fleuve tranquille. Les esclaves voyageaient en diligence, en train, sur l’eau et parcouraient bien souvent des centaines de milles terrestres à pied, avec très peu de nourriture. Leur voyage étant très risqué, ils se déplaçaient souvent la nuit et se cachaient dans les marais et les bois la journée pour ne pas être capturés. Même s’ils n’avaient reçu aucune éducation, les « chercheurs de liberté »

surent développer un mode de communication sophistiqué, avec des messages et des instructions cachés dans des chansons spirituelles ou encore des mots de passe et des signaux secrets, guidant ainsi plus de 30 000 personnes en lieu sûr, au Canada.

Une fois installées en toute sécurité au Canada, de nombreuses personnes risquaient leur vie en retournant aux États-Unis pour aider leurs frères et sœurs à trouver la liberté au Canada. Harriet Tubman était l’une d’entre elles. Née en 1820, Harriet Tubman échappa à sa condition d’esclave alors qu’elle était une jeune femme et emménagea en 1851 à St. Catharines, en Ontario. Guide du chemin de fer clandestin, elle retourna 19 fois aux États-Unis, mettant en danger sa propre liberté pour aider d’autres personnes à fuir au Canada.

Photo : Le monument Battle Creek Underground Railroad à Détroit

Source et photo : Fiducie du patrimoine ontarien