Olaïsha Francis
Lorsque Haïti se qualifie en novembre 2025 pour la Coupe du monde de soccer, un déclic se produit chez Noémie Ferron. Après 52 ans d’absence, ce moment devient le point de départ d’un projet ambitieux qui est de raconter l’histoire du pays à travers le sport.
Créatrice et productrice exécutive de la série documentaire Haïti au-delà du jeu, elle souhaite dépasser les clichés souvent associés à Haïti.
Avec l’objectif de « changer le narratif » et proposer une vision plus nuancée « On entend toujours les mêmes choses. Moi, je voulais montrer autre chose de plus positif », dit-elle.
Ancienne joueuse de soccer féminin pour la sélection haïtienne, elle connaît bien les enjeux et réalités du terrain. La sportive choisit pourtant de quitter le parcours compétitif pour se tourner vers les médias et l’audiovisuel.
Encore au début de sa carrière en production, Noémie Ferron montre qu’il est possible de mener à terme un projet de grande ampleur. Structurée en quatre épisodes, la série explore l’histoire du pays, la qualification à la Coupe du monde, ainsi que la place des femmes et des jeunes dans le sport. Le projet met surtout en valeur les parcours humains des joueurs, plutôt que les instances sportives.
Produite par Ferron Motion, fondée il y a moins de cinq ans, la série a nécessité une mobilisation importante. Des tournages ont eu lieu dans plusieurs endroits notamment à Toronto, lors d’un match face à la Tunisie en mars dernier.
Au cœur du documentaire, un thème s’impose : la résilience. « Peu importe ce qui se passe, on se relève toujours », souligne-elle, qui rappelle aussi l’importance de l’histoire haïtienne, notamment son rôle pionnier dans l’abolition de l’esclavage.
Avec ce projet, la productrice souhaite inspirer une nouvelle génération, en particulier les jeunes issus des communautés francophones et haïtiennes. L’émission sera disponible en juin sur TFO. Elle souhaite porter la série à l’international et offrir un regard différent sur Haïti, au-delà du jeu.
Photo : En tournage à l’entraînement de l’équipe d’Haïti à Toronto (Crédit : Noémie Ferron)







