PORTSMOUTH, Royaume-Uni – Le récit terrible et tragique de la Seconde Guerre
mondiale a été rappelé, le mercredi 5 juin 2019, lors d’une cérémonie élaborée à Portsmouth,
dans le sud de l’Angleterre, là où il y a 75 ans, des milliers de soldats
canadiens, américains et britanniques montaient à bord d’une flottille de navires
pour le débarquement de Normandie.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, le président américain Donald Trump,
la reine Elizabeth II, le président français Emmanuel Macron, la chancelière
allemande Angela Merkel et d’autres leaders mondiaux, mais aussi une poignée d’anciens
combattants – qui ont aujourd’hui plus de 90 ans, comme la monarque britannique – ont
assisté à la cérémonie, qui a mis au premier plan le Canada et son rôle dans la
libération de l’Europe, alors sous le joug nazi.

Sous un ciel brumeux et une brise légère venant du port, la cérémonie a retracé
le cours de cette guerre, depuis l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie en
septembre 1939, qui a entraîné dans un conflit mondial la France, le Royaume-Uni
et le Canada, entre autres, jusqu’au fameux « jour J » du débarquement
en Normandie, le 6 juin 1944.

Tout au long de cette cérémonie, des acteurs et des dignitaires ont lu des lettres
ou des pages de journal personnel écrites par ceux qui ont combattu – et qui y ont parfois
laissé leur vie. Des danseurs et des musiciens ont repris des airs du temps, avant d’entonner
la musique militaire.

Le premier ministre Trudeau a raconté l’histoire du lieutenant-colonel Cecil Merritt, qui
a été décoré de la Croix de Victoria – la plus haute distinction militaire – pour son rôle dans le
sauvetage d’innombrables soldats canadiens lors du raid désastreux sur le port
français de Dieppe, en août 1942. « Bien que blessé à deux reprises,
le lieutenant-colonel Merritt a continué à diriger les opérations de l’unité
avec beaucoup de vigueur et de détermination », a rappelé M. Trudeau,
citant un article publié dans la London
Gazette
d’octobre 1942.

Plus de 900 Canadiens sont morts à Dieppe et près de 2000 autres ont été capturés,
y compris Cecil Merritt. Mais comme on l’a noté mercredi, les leçons tirées de ce raid de Dieppe ont
permis aux Alliés de remporter la victoire en Normandie, avant de libérer Paris et de prendre Berlin.

L’invasion de la Normandie par les Alliés a impliqué près de 150 000 soldats – dont
14 000 Canadiens – qui ont fait irruption sur les plages face aux
tirs des mitrailleuses allemandes. Avant la fin de la journée,
359 Canadiens avaient été tués et 715 autres blessés ou capturés. La
bataille s’est poursuivie pendant deux mois et coûtera finalement la vie à plus
de 5000 Canadiens.

Le président Macron a lu la lettre d’adieu du résistant français Henri Fertet à sa famille, écrite au matin de son
exécution, le 26 septembre 1943. Il avait 16 ans.

Les leaders ont poursuivi les commémorations en Normandie le lendemain, y compris à Juno Beach, la plage de
huit kilomètres où les Canadiens ont débarqué le 6 juin 1944.

SOURCE : Lee Berthiaume, La Presse canadienne