Chrismène Dorme

La Communauté congolaise de Hamilton (CCH) a organisé récemment une soirée marquant à la fois la fin de l’année 2025 et un temps fort de rassemblement pour ses membres. Tous se sont retrouvés autour d’un programme culturel riche, ponctué de témoignages inspirants et de messages porteurs d’espoir.

Placée sous le signe de la convivialité et de l’engagement communautaire, la rencontre a permis de renforcer les liens entre les familles issues de la diaspora congolaise et, plus largement, francophones de la région.

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Parmi les moments forts, le programme Le français dans nos foyers a retenu l’attention. Un discours a souligné l’importance d’outiller les familles afin de favoriser l’usage du français au quotidien. Comme l’explique Nancy Muinda, présidente de la CCH, « nous sommes revenus sur l’importance d’outiller les familles et surtout d’interpeller les mamans, piliers du foyer familial, sur les différentes astuces pour encourager les enfants à s’exprimer en français à la maison », précise-t-elle.

Ce message a pris une dimension concrète lorsqu’un jeune membre de la communauté, Jonathan, 11 ans, est monté sur scène pour réciter avec assurance le poème Le laboureur et ses enfants de Jean de La Fontaine. Une prestation saluée par de chaleureux applaudissements, symbole de l’impact du programme sur les plus jeunes.

La soirée a également été marquée par l’accueil d’une famille de huit personnes venues de St. Catharines. Pour Nancy Muinda, ce moment illustre parfaitement la mission de la CCH : « C’était l’occassion pour les jeunes de se retrouver avec d’autres enfants », confie-t-elle.

Sur le plan culturel, les convives ont vibré au rythme de la performance musicale de l’artiste Shoby Daniel, tandis que les jeunes du groupe Afro House ont offert une prestation de danse énergique. L’ambiance conviviale s’est prolongée autour de plats préparés avec soin par les mamans, renforçant le sentiment de famille élargie.

Des messages forts ont également émergé des témoignages partagés, notamment celui d’une famille ivoirienne nouvellement arrivée au Canada. Grâce à l’accompagnement de la CCH, leurs enfants ont pu être scolarisés dans une école catholique, tandis que les aînés ont trouvé leur place sur le marché du travail. Un exemple concret de l’impact de la solidarité communautaire.

L’implication des jeunes a également été soulignée. Huit d’entre eux ont contribué activement à l’organisation de la décoration au nettoyage. « Nous les encourageons à venir participer, à voir comment les événements se préparent et à s’y intégrer », explique Nancy Muinda. Cet engagement leur permet aussi d’obtenir des crédits de bénévolat, tout en développant un sentiment d’appartenance.

Interrogée sur les impacts concrets du programme Le français dans nos foyers, la présidente insiste sur l’accompagnement des parents.

« Même si les enfants sont scolarisés dans des écoles francophones, certains parents méconnaissent le système scolaire et ne possèdent pas toujours les outils nécessaires pour les accompagner », précise Mme Muinda, citant en exemple l’accès à un ordinateur pour effectuer des recherches.

« En outillant les parents, ils auront davantage envie de s’impliquer dans la vie scolaire de leurs enfants », conclut-elle.

À travers cette célébration, la CCH confirme son rôle essentiel de soutien, de transmission et d’intégration, tout en regardant vers l’avenir avec confiance.

Photo : Une prière est observée avant le repas.