Trouver un médecin de famille, faire garder ses enfants ou simplement participer à une activité communautaire : pour les immigrantes, l’installation au Canada comporte de nombreux défis. La Communauté congolaise de Hamilton (CCH) veut leur offrir un espace pour en parler et trouver du soutien. Le dimanche 11 octobre, plusieurs femmes ont participé à une rencontre organisée dans le cadre de l’initiative Prise de contact.
« Avec l’équipe, nous nous sommes dit, partons à leur rencontre dans un environnement où elles se sentent à l’aise », explique Nancy Muinda, présidente de l’organisme.
L’idée est née d’un constat : de nombreuses nouvelles arrivantes restent en marge des activités communautaires, même après plusieurs mois au Canada. Parmi les femmes réunies, la plus récemment arrivée est installée depuis sept mois, tandis que la majorité vit dans le pays depuis environ deux ans et demi.
« Elles n’osaient pas venir à nos activités », souligne Nancy Muinda. La barrière linguistique explique en partie cette hésitation. Entre le français et l’anglais, certaines femmes peinent à trouver leurs repères et à se sentir pleinement intégrées.
Au cours des échanges, plusieurs préoccupations ont émergé, notamment les difficultés à trouver un logement et à accéder aux soins de santé. Beaucoup de femmes sont toujours à la recherche d’un médecin de famille et demeurent sur des listes d’attente.
La garde des enfants a également occupé une place importante dans les discussions. Pour les mères ayant de jeunes enfants, concilier les responsabilités familiales, les démarches administratives et l’apprentissage des langues peut rapidement devenir compliqué.
D’autres ont exprimé le besoin d’améliorer leur anglais ou d’apprendre à utiliser un ordinateur pour gagner en autonomie dans leurs démarches.
Pour Nancy Muinda, l’essentiel était de leur permettre de parler librement de leur réalité, sans craindre d’être jugées. La rencontre devait aussi favoriser l’entraide entre des femmes qui traversent des expériences similaires.
La présidente a elle-même partagé son parcours avec le groupe. « Je suis arrivée au Canada avec deux enfants en bas âge », raconte-t-elle. Son engagement a été apprécié par les femmes qui se sont senties encouragées de pouvoir échanger avec une responsable communautaire.
Au-delà des difficultés immédiates, l’organisme souhaite favoriser une intégration qui préserve la place du français. À Hamilton, les nouveaux arrivants francophones évoluent souvent dans un environnement où l’anglais domine. À force de l’utiliser dans leurs démarches et leur quotidien, certaines familles finissent par délaisser le français.
Le programme Le français dans nos foyers, soutenu par la Fondation Trillium, vise à encourager l’usage de la langue française à la maison, afin de faciliter l’accès aux services et la participation à la vie locale.
La CCH entend poursuivre cette démarche de proximité en organisant des rencontres aux deux semaines, notamment dans les églises et les groupes de prière. « Nous allons là où nous pouvons les joindre plus facilement », explique la présidente.
En allant directement à leur rencontre, la Communauté congolaise de Hamilton espère transformer ces premiers échanges en un accompagnement durable et encourager davantage de femmes à prendre leur place dans la communauté.
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Photo : Une trentaine de femmes ont participé à la rencontre. (Photo : CCH)




