Olaïsha Francis
Chaque année, le 8 mars, le monde se pare de violet en symbole de justice, de dignité et de pouvoir féminin pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Si cette date est aujourd’hui ancrée dans nos mémoires, il est essentiel de se rappeler qu’elle n’est pas née d’une volonté commerciale, mais du souffle des luttes sociales du début du XXe siècle.
Dans un contexte d’industrialisation rapide et de conditions de travail difficiles, des ouvrières se mobilisent en Amérique du Nord et en Europe pour réclamer de meilleurs salaires, des horaires plus justes et le droit de vote. En 1910, lors d’une conférence internationale à Copenhague, la militante allemande Clara Zetkin propose l’idée d’une journée consacrée aux droits des femmes. L’initiative est ensuite adoptée par plusieurs pays.
Officialisée par l’Organisme des Nations Unies en 1977, cette journée rend hommage à celles qui ont osé briser le silence. Elle rappelle que les droits dont nous jouissons aujourd’hui comme voter, travailler, disposer de notre corps et autres sont le fruit de combats acharnés et non des acquis naturels.
Au-delà des chiffres et des revendications politiques, le 8 mars est une invitation à regarder autour de nous et l’occasion de célébrer la résilience de la mère qui jongle entre carrière et vie de famille, l’audace de l’étudiante qui s’impose dans des filières scientifique, technologique ou politique, ou la force de l’activiste qui dénonce les violences.
C’est aussi un moment de lucidité. Malgré les progrès, les disparités salariales persistent et l’accès à l’éducation ou à la santé reste un défi pour des millions de femmes. Célébrer cette journée, c’est reconnaître que chaque geste compte : écouter une voix qu’on ignorait, encourager une ambition, ou déconstruire un stéréotype au quotidien.
Le 8 mars ne s’adresse pas qu’aux femmes mais à tout le monde. L’égalité est un facteur de progrès collectif. Une société respectueuse des droits des femmes est une plus juste, plus stable et innovante.
Photo : Le 8 mars, l’influenceuse et féministe engagée Anne-Marie Gagné a donné une conférence à Toronto pour Oasis Centre des femmes. (Crédit : Le Métropolitain)







