Olaïsha Francis
Longtemps restée dans l’ombre de ses voisins américains et mexicains, la sélection canadienne masculine s’est progressivement imposée comme une nouvelle force du soccer nord-américain.
Cette année, à domicile, les hommes de l’entraîneur Jesse Marsch ont écrit une page inédite de leur histoire en franchissant pour la première fois la phase de groupes d’une Coupe du monde, une performance qui vient couronner plusieurs années de progression et qui témoigne de la transformation profonde du soccer canadien.
Pour mesurer le chemin parcouru, il faut remonter à 1986. Cette année-là, le Canada a participé pour la première fois à la Coupe du monde, disputée au Mexique. L’aventure tourne toutefois court avec trois défaites en autant de rencontres et aucun but inscrit.
Il faudra ensuite patienter 36 ans avant de revoir l’unifolié parmi l’élite mondiale. En 2022, au Qatar, les Canadiens retrouvent enfin la plus prestigieuse compétition internationale. Malgré une élimination dès le premier tour, l’équipe se distingue notamment grâce au premier but de son histoire dans un Mondial signé Alphonso Davies contre la Croatie.
Quatre ans plus tard, le décor est radicalement différent. Coorganisateur du tournoi avec les États-Unis et le Mexique, le Canada a bénéficié d’une qualification automatique et a accueilli notamment son premier match à Toronto. Cette fois, l’équipe ne veut pas simplement participer. Sous la direction de Jesse Marsch, nommé en 2024, une génération ambitieuse entend profiter de cette occasion pour changer durablement la perception du soccer au pays.
Le parcours a commencé dans la Ville reine le 12 juin contre la Bosnie-Herzégovine. Après un match nul 1-1, les Canadiens se déchaînent quelques jours plus tard à Vancouver en écrasant le Qatar 6-0. Une victoire spectaculaire qui a relancé les espoirs d’une qualification historique.
Le dernier rendez-vous de groupe face à la Suisse s’est soldé par une défaite 3-2, mais le Canada termine deuxième du groupe B avec quatre points et huit buts inscrits. Pour la première fois, la sélection accède à la phase à élimination directe.
Cette progression ne se limite toutefois pas au terrain. Depuis quelques années, le soccer occupe une place grandissante dans le paysage sportif canadien. L’émergence de joueurs comme Alphonso Davies, Jonathan David, Stephen Eustáquio ou encore Tajon Buchanan de cette nouvelle identité canadienne a contribué à attirer l’attention du public, tandis que la tenue de la Coupe du monde au pays a permis à cette passion de prendre une ampleur nouvelle.
« Le parcours de l’équipe canadienne a été très inspirant. En atteignant la phase éliminatoire pour la première fois de son histoire, elle a démontré que le Canada pouvait rivaliser avec les meilleures nations du monde. Au-delà des résultats, cette équipe laisse un héritage important et montre à toute une génération de jeunes joueurs qu’il est possible de rêver grand », a partagé Noémie Ferron ancienne footballeuse professionnel féminin.
Dans un pays où le hockey demeure profondément ancré dans la culture populaire, les performances de la sélection masculine pourraient ainsi contribuer à changer les habitudes sportives. Pour plusieurs jeunes Canadiens, cette sélection devient désormais une source d’inspiration et un symbole de réussite sur la scène internationale.
L’équipe canadienne n’est plus seulement celle qui espère participer mais celle que les adversaires doivent prendre au sérieux. Alors que Jesse Marsch a prolongé son contrat jusqu’à la Coupe du monde 2030, cette épopée pourrait n’être que le début d’une histoire encore plus ambitieuse.
Photo : L’équipe canadienne a écrit une page inédite de son histoire en franchissant la phase de groupes d’une Coupe du monde.





