Chrismène Dorme
Une œuvre d’art peut désormais surprendre les passants au détour d’un couloir. Avec sa nouvelle micro-vitrine installée au 401, rue Richmond à Toronto, Le Labo crée un espace de diffusion permanent où les artistes francophones pourront exposer leurs créations à toute heure de la journée.
Pensée comme un lieu d’expérimentation, la micro-vitrine accueillera toute l’année des créations en petit format, des recherches en cours et des projets conçus spécialement pour cet espace. L’objectif est simple : offrir une visibilité supplémentaire aux artistes francophones dans un contexte où les occasions d’exposer demeurent limitées.
« On ne peut pas avoir autant d’expositions qu’on le voudrait, explique Dyana Ouvrard, directrice générale du Labo. Cet espace permet de montrer le travail des artistes à tout le monde, même en dehors de nos heures d’ouverture », ajoute-t-elle.
Accessible au deuxième étage du 401 Richmond, elle ne remplace pas une galerie d’art, mais propose une autre façon de diffuser les œuvres. Cette formule, déjà expérimentée à l’Université de l’Ontario français en 2022-2023, trouve ici un nouvel ancrage dans les locaux du Labo.
Pour lancer cette série d’expositions, l’organisme présente Kylie, une œuvre créée par l’artiste franco-ontarien Ron Loranger spécialement pour ce nouvel espace. Connu pour ses aquarelles et ses dessins à l’encre, l’artiste entretient un lien de longue date avec Le Labo, dont il est membre depuis les débuts.
En réalité, Kylie puise ses origines dans un projet amorcé il y a une dizaine d’années. Ron Loranger a repris cette création pour lui donner une nouvelle vie dans le cadre de cette installation.
« Beaucoup de gens m’ont parlé de sa forme qui leur rappelle les vitraux d’une vieille église », raconte-t-il. L’arrière-plan en liège a également suscité la curiosité des visiteurs. L’artiste, qui qualifie son travail de peu figuratif et volontiers énigmatique, préfère laisser chacun construire sa propre lecture de l’œuvre plutôt que d’imposer une interprétation.
Au-delà de cette première exposition, Ron Loranger voit dans la micro-vitrine une occasion de sortir des formats habituels. « Je dirais que c’est une galerie alternative. Elle permet aux artistes d’essayer autre chose et de se pousser à créer différemment », estime-t-il.
Pour Dyana Ouvrard, cette initiative s’inscrit directement dans la mission du Labo de soutenir les artistes francophones, notamment ceux issus des arts numériques. L’organisme prévoit d’ailleurs ouvrir prochainement la micro-vitrine à d’autres créateurs grâce à des appels de projets et à un comité de sélection.
Photo : Ron Loranger pose devant son œuvre Kylie. (Crédit : courtoisie de l’artiste)




